Accroche :
La ville verticale, une ascension vertigineuse.
Dès 1927, le réalisateur allemand Fritz Lang imaginait avec Metropolis une société installée dans une mégalopole verticale. Près de cent ans plus tard, les gratte-ciels n’ont jamais été si nombreux, et la tour la plus haute du monde, le Burj-Khalifa, est pratiquement cinq fois plus haute que sa prédécesseuse du XIXème siècle, la tour de Washington.
Ce concept urbanistique désigne un modèle de développement humain : la densification en hauteur des bâtiments de la ville. C’est un modèle qui a connu son essor à partir des années 1930, à travers, entre autres, New-York, Chicago, Paris, et Londres, et de façon plus récente dans les pays en développement : le Canada, la Chine et l’Inde.
Plusieurs urbanistes, architectes et théoriciens ont défendu cette idée de ville verticale, que ce soit pour répondre aux enjeux urbains de densité, de mobilité, d’extension limitée du sol, d’étalement urbain (et donc de destruction d’espaces agricoles, naturels.
Un précurseur français peut être identifié, Eugene Hénard, bien que non directement partisans des ensembles d’habitation démesurés, il est favorable à la modernisation verticale des infrastructures, en particulier de la voirie, ce qui a ouvert d’autres auteurs à la perspective du modernisme.
Différents courants urbanistiques peuvent être associés à la verticalité, comme le Modernisme, le Métabolisme japonais (Tange, Kurokawa), ou le Manhattanisme (Théorisé par Koolhas).
Principes :
Cette vision de la ville tend à concilier les problèmes liés à la surpopulation des territoires avec l’étalement urbain. Ce modèle permet donc de gagner de l’espace en allant le chercher en hauteur. Depuis que les technologies ont atteint un certain avancement, il est devenu possible de construire plus efficacement des bâtiments à la hauteur vertigineuse, qui composent le modèle de la ville verticale, les gratte-ciel.
La ville verticale repose sur plusieurs principes-clés :
- Une utilisation efficace de l’espace, c’est-à-dire une réflexion orientée sur la diminution du développement horizontal de la ville, et une maximisation de l’espace disponible au-dessus de nos têtes.
- La multifonction des bâtiments : Édifices pensés pour avoir différents usages et non une seule fonctionnalité. On peut par exemple, trouver un immeuble qui fait office de magasin au rez-de-chaussée et de logements aux étages supérieurs, ou encore un building d’entreprise qui peut servir à la fois de lieu de prise en charge des clients au rez-de-chaussée, et de bureaux de travail aux niveaux suivants.
- Le gain d’espace au sol permet une planification, certes méticuleuse, mais néanmoins plus simple pour intégrer les espaces verts, les parcs, et les zones de nature dans la ville. En somme, réduire l’artificialisation des sols et implémenter une forme de forêt urbaine.
- La densification urbaine de ce modèle permet de concentrer, dans un espace plus restreint, de nombreuses activités. Cela permet aux habitants d’avoir une proximité accrue avec les services et les commerces de la ville. De plus, le temps de trajet quotidien pour la population est réduit, et le cœur névralgique de la ville est plus facilement atteignable. D’une certaine manière, la densification urbaine pourrait permettre la dynamisation de l’attractivité de la ville et l’augmentation des flux (tourisme, transport en commun).
Finalement, la ville verticale peut répondre à plusieurs problèmes du 21ème siècle comme la surpopulation, ou le mitage du territoire.
Représentation du modèle :

Photo de Hong-Kong, dont la densité d’habitant est la plus importante au monde (130 000 hab/km2 dans le quartier Mong Kok)
Hong-Kong est une agglomération chinoise indépendante, connue pour avoir la densité de population la plus élevée au monde, chose rendue possible par la verticalité de ses bâtiments. La structure de cette ville respecte totalement le modèle de la ville verticale, qui vise à promouvoir la hauteur d’expension, au détriment de la largeur d’extension du tissu urbain.
Exemples de mises en pratiques – Cas de Chongqing :

Photo de Chongqing, en Chine
Chongqing est une agglomération chinoise de la province du Sichuan, de plus de 80 000 km2. Cette ville est la plus peuplée de Chine, et s’étend sur une superficie comparable à l’Autriche. Elle compte 32 millions d’habitants et fait partie des villes les plus peuplées du monde. Elle fait également partie des villes comportant le plus de gratte-ciels au monde et applique parfaitement le principe de multifonctionnalité à ses immeubles. La densité de la ville est tellement grande que plusieurs « étages » ont été créé à certains niveaux des gratte-ciels. Vous pouvez retrouver un magasin à l’étage 1, un supermarché à l’étage 2 et entre les étages, des logements pour les habitants. Un seul gratte-ciel peut ressembler quasiment à un quartier à lui tout seul. Les transports en commun sont très avancés car la densité de la ville et son développement vertical ne permettent pas à la voiture d’être un moyen de déplacement efficace.
Conclusion :
La ville verticale s’illustre donc comme une solution technique pour répondre à des problèmes d’actualité comme l’étalement de plus en plus grandissant des villes, la proximité des services fournit, et le développement et la place que doivent prendre les transports en commun. Cependant cela reste un modèle, et il n’est pas forcément adapté à toutes les villes. Beaucoup de contraintes sont à prendre en compte avant de choisir de construire une ville verticale comme la demande considérable de matériaux nécessaires qui doivent être fourni pour construire un gratte-ciel. Il faut de plus des moyens techniques et financiers colossaux pour mener à bien de tels projets.
Auteurs :
Bayonne Adrien et Briguet Matthias
Sources :
Sites : Wikipédia, Géoconfluence ENS-Lyon, Médicis patrimoine, GÉO
Documents : Eugène Hénard, le trafic rationnalisé