La Ville relationnelle réinvente la manière dont nous habitons et partageons la ville. Elle met l’accent sur les liens humains, les transforme en relations durables et les nourrit par des expériences communes. Son ambition est de concilier le bien-vivre individuel avec les besoins collectifs : santé, cohésion sociale et continuité entre les générations. Là où la ville fonctionnelle se concentre sur la circulation et l’organisation des flux, elle laisse trop souvent de côté ces dimensions relationnelles, qui restent encore peu prises en compte dans les politiques urbaines. Alors que la ville fonctionnelle a façonné le XXᵉ siècle, la Ville relationnelle s’annonce, selon leurs dires, comme le modèle qui orientera le XXIᵉ siècle et les façons de vivre ensemble.
Dans cet ouvrage co-écrit par Sonia Lavadinho, Pascal Le Brun-Cordier et Yves Winkin, la Ville relationnelle est donc explorée à travers sept figures clés, chacune centrée sur la qualité des relations : à soi, aux autres et au Vivant.
Les septs figures fondamentales :
La ville de la rencontre offre davantage de place pour le séjour évitant une organisation où seuls les transits linéaires peuvent exister. Plus de place également pour que cohabitent rythmes, vitesses et déambulations variés, séjour de courte ou longue durée.
La ville du dehors : valorise le mouvement et les expériences sensorielles. Elle cherche à reconquérir les trames grises en les rendant traversables, sensibles et accueillantes. Une ville où le dehors est habité.
La ville amie de toutes les générations accompagne chaque cycle de la vie, consciente que nos besoins et nos désirs évoluent avec le temps. C’est une ville où l’on ose jouer à tout âge, et où les trajets du quotidien stimulent la curiosité, le mouvement et la rencontre.
La ville du faire et du tiers solidaire stimule le désir de faire ensemble, accompagne sans contraindre, soutien sans étouffer. Elle s’appuie sur des lieux qui font du lien et du bien, des espace-temps propices à la germination créative et à l’expérimentation
La ville de la surprise nourrit les étonnements du quotidien en offrant des formes et des récits inattendus. Elle enrichit l’imaginaire urbain et introduit des ruptures dans les routines pour réveiller l’attention en proposant une diversité de manières d’habiter la ville.
La ville du temps libre laisse place à la liberté de vivre et d’agir, de nuit comme de jour. Elle favorise l’utilisation du temps afin de le consacrer à enrichir nos relations. C’est une ville qui accepte le noir de la nuit comme une texture sensible, une matière urbaine à vivre plutôt qu’à effacer.
La ville comestible assume pleinement son rôle de ville productive, accueille maraîchers, vergers et potagers comme des infrastructures à part entière. C’est une ville où le lien social se fait par l’alimentation, par sa production et consommation
Rennes : un exemple concret d’une ville relationnelle

On dit que Rennes une ville du temps car, en 2002, elle a été la première ville en France à initier un Bureau des temps destiné à prendre en compte la question du temps de manière transversale. Cette politique temporelle est structurée autour de trois objectifs : favoriser une plus grande égalité sociale, rendre le territoire plus fluide et répondre à des enjeux de sobriété foncière, économique et écologique dans un contexte de transitions.
On dit que Rennes une ville du faire et du tiers solidaire car elle possède de nombreux tiers-lieux solidaires dans sa ville. Cette présence place l’Économie Sociale et Solidaire au cœur du dynamisme de la ville.
On dit que Rennes est une ville des rencontres car beaucoup d’axes dans la ville sont dédiés à la mobilité douce ainsi qu’au cadre de vie. Par ses aménagements inclusifs, les usagers de l’espace public peuvent interagir ensemble et se rencontrer. La dynamique du faire et du tiers solidaire alimente cette qualité.
Haut-Gauche : Carte des tiers-lieux de Rennes
Haut-Droite : Schema de l’aménagement de la place Champ Jacquet à Rennes
Bas-Gauche : Schema de l’aménagement de la place Honoré Commeurec à Rennes
Bas-Droite : Logo du bureau des temps de Rennes
Ce qu’il faut retenir de ce modèle :
La Ville relationnelle propose une vision renouvelée de l’urbanité, centrée sur la qualité des relations à soi, aux autres et au Vivant. À travers sept figures clés, elle invite à repenser chaque espace comme une opportunité de rencontre, de partage et d’émerveillement. Qu’il s’agisse de la ville de la rencontre, où la lenteur et la convivialité guident le quotidien, de la ville du dehors, qui réveille les sens, ou de la ville amie de toutes les générations, intégrant le cycle de la vie dans ses usages, chacune souligne l’importance de placer l’humain et ses interactions au cœur de la ville.
La Ville relationnelle s’exprime aussi dans des dimensions créatives, solidaires et sensibles : la ville du faire stimule l’expérimentation collective, la ville de la surprise éveille l’imaginaire, et la ville comestible reconnecte l’urbain à la production alimentaire. Enfin, la ville du temps libre rappelle que l’urbanité ne se limite pas aux heures de jour, mais se vit dans toute sa temporalité, en offrant des espaces de calme, de rencontre et de renouvellement.
Ainsi, la ville du XXIᵉ siècle ne peut se réduire à un réseau de flux : elle devient un écosystème relationnel où chaque lieu tisse du lien et enrichit la vie collective. La Ville relationnelle invite à habiter la ville autrement, plus humaine, généreuse et vivante, et inspire des collectivités comme Rennes.