« Hygeia, une ville où la santé guide l’organisation, l’aménagement et la vie de tous. »
Introduction
Après les nombreuses périodes de propagation de maladie survenues au 19e siècle, Benjamin Ward Richardson, un médecin anglais auteur de nombreux travaux sur la médecine, analyse l’ampleur de ces catastrophes. Il remarqua que la configuration des villes et leur organisation rendaient bien plus importante la transmission de maladie. Il prend comme exemple la peste qui, à cette époque, a fait des ravages, notamment en raison de l’insalubrité présente dans les rues, les maisons, les espaces publics. Il propose un modèle de ville qu’il nomme Hygeia et qu’il présente comme sa ville idéale. La santé et la propreté ont par ailleurs une place importante dans l’organisation globale de la ville. Tout est construit de sorte à réduire la propagation de potentielles maladies et les substances pouvant les causer : comme l’alcool et le tabac, en ont été banni. Les rues sont agencées de sorte à faire circuler l’air et éviter les contaminations et les maisons de sorte à ce que les saletés soient rapidement identifiées afin d’être nettoyées. Toutes les infrastructures qui peuvent être considérées comme « sales » et qui pourraient porter atteinte à la bonne santé des habitants sont alors placées en dehors des villes. Elles sont fréquemment contrôlées afin de vérifier le respect des consignes de propreté.
Les principes fondamentaux
Les hôpitaux ont une place centrale dans la politique de Hygeia. Nous pouvons en compter 12, tous à équidistance, accessibles, petits et déplaçables. Leurs différents quartiers peuvent être partagés lorsque les patients ne sont pas trop malades, autrement les patients qui ont les mêmes maladies sont confinés ensemble. Aussitôt qu’un quartier est contaminé : il est désassemblé. Plusieurs institutions complètent l’hôpital : crèches, asiles, EPHAD.
Les chômeurs doivent percevoir une aide de l’état. Ceux ne pouvant pas travailler à cause de problèmes de santé sont accompagnés et respectés, tandis que ceux ne voulant pas travailler sont envoyés en prison.
Il y a trois larges rues principales, avec en dessous d’elles, un chemin de fer destiné au trafic lourd. Les rues sont larges les rendant ainsi aérées et lumineuses. Une partie des sous-sols est occupée par le métro, le reste par des égouts qui captent l’eau lors du nettoyage des rues.
Le tramway est interdit, le métro est privilégié. Il dessert toute la ville. L’air y circule librement afin de limiter les risques de contamination.
Chaque bâtiment est équipé de conduits pour évacuer la poussière ainsi que les déchets. Ces tuyaux sont vidés régulièrement par les éboueurs qui passent quotidiennement. Les installations sanitaires : stations de pompages des eaux usées, laboratoires publics, approvisionnement en eau et en gaz et abattoirs, sont placées à distance des villes.
La hauteur des maisons est réglementée. Les murs des maisons sont faits à base de briques percées pour que les murs sèchent. Différents conduits circulent au sein des maisons : un pour le chauffage et un pour fioul. La cuisine est placée au premier étage afin de faciliter la distribution d’eau chaude au reste de la maison. Son sol carrelé et son exposition au soleil permettent de visualiser les saletés et de les laver facilement. Les chambres ont pour unique but de dormir et stocker des vêtements. Ces pièces sont spacieuses afin d’assurer un confort maximal.
Représentation schématique d’Hygeia

Conclusion
En conclusion, suivre ce modèle pourrait avoir plusieurs avantages sur le long terme. Richardson évalue les résultats sanitaires attendus avec une disparition ou une forte réduction de nombreuses maladies (typhus, choléra, alcoolisme, tuberculose, maladies infantiles), tandis que d’autres subsisteraient (pneumonies, cancers, quelques épidémies comme la rougeole) sans pour autant affecter le taux de mortalité. Il estime qu’une mortalité moyenne de huit pour mille serait le maximum pour la première génération vivant sous ce régime salutaire. Cette mortalité moyenne ne cesserait de décroitre car des parents en meilleure santé donneraient forcément naissance à une progéniture en meilleure santé. La ville étant plus propre, les maladies ne propageraient moins rapidement et serait traité de manière plus efficace grâce à la présence de nombreux hôpitaux. Ainsi des épisodes comme celui de la peste, évènement qui a motivé Richardson, n’arriveraient plus.
Néanmoins, il serait compliqué d’appliquer ce modèle à des villes déjà existantes. Les nombreuses conditions à remplir pour ‘valider’ ce modèle (la hauteur des bâtiments, la largeur des rues, les trois axes routiers principaux bordés de chemins de fer) sont difficilement applicable, il faudrait faire d’immenses travaux ce qui demanderait énormément de temps et d’argent. De plus, les moyens humains nécessaires au bon fonctionnement d’Hygeia, notamment pour les services médicaux , sont compliqué à trouver aujourd’hui.
Sources
Texte d’origine: https://research.ebsco.com/c/5ri2hn/search/details/6n555vdu3z?limiters=FT1%3AY&q=Hygeia%2C%20a%20City%20of%20Health&searchMode=all
Information sur B.W.RICHARDSON: https://fr.wikipedia.org/wiki/Benjamin_Ward_Richardson